Le Xème diner économique coorganisé par les Conseillers du Commerce extérieur, le Consulat Général de Munich avec le soutien du club économique franco-allemand de Bavière et d’Invest in Bavaria, avait cette fois pour sujet « La nouvelle vague des fusions franco-allemandes : l’intégration post-acquisition un facteur clé de succès ».

Pierre Lanapats, Consul Général de France à Munich, a dans son introduction mis en avant la signification et l’importance des rapprochements franco-allemands, en rappelant quelques chiffres de 2017 :  46 rachats de  sociétés françaises par des sociétés allemandes, 117 sociétés allemandes rachetées par des sociétés françaises, soit +8% de croissance par rapport à l’année précédente.

Sylvaine Bruneau, Présidente des CCEF Allemagne, a ensuite fait une présentation détaillée du rôle et des missions des CCEF depuis leur création en 1898. Après un mot d’introduction par le CCEF modérateur de la soirée, Alain Polgar, Suzanne Dilcher de Broglie, premier « key speaker » a introduit son propos sur les différences culturelles franco-allemandes par les significations de mots utilisés couramment dans l’entreprise tels Stratégie, Concept …, mots ayant une signification différente en allemand où les équivalents sémantiques ont un sens plus approfondi et « abouti ».  Dans le même ordre d’idée, le terme « se débrouiller » en français – sich durchwursteln en bavarois allemand – est  perçu comme une qualité en France, alors que la rigueur factuelle (Sachlichkeit) lui est opposée en Allemagne pour souligner les qualités d’un manager. Emotion contre rigueur en quelque sorte.

Le second key speaker, Dominic Kurtaz, britannique et dirigeant la société RTT devenue 3DExcite GmbH suite au rachat en 2014 par Dassault Systèmes, met également l’accent sur ces différences culturelles, où les messages implicites et abstraits des dirigeants français ont mis du temps a être compris par 3DExcite. Dominic souligne qu’ils ont appris à apprécier cette forte autonomie dans l’expression des attentes et objectifs, ainsi que pour définir eux-mêmes, explicitement, leur vision de l’entreprise à … 20 ans.

La table ronde a mis en exergue des expériences franco-allemandes concordantes : Stéphane Stoll (CEO de Kraftanlagen Gruppe, rachetée au mois d’août 2018 par Bouygues Construction) dit avoir été surpris par la complexité de l’Allemagne et par la forte implication des partenaires sociaux dans la prise de décision.  M. Fabian Prüschenk, Managing Partner et CFO de Serviceplan, ayant intégré une société partenaire en France, insiste sur l’importance du respect et du partenariat d’égal à égal. Dr. Christoph Geiger de Siemens qui a eu à faire face à plusieurs acquisitions en France abonde en son sens.

Suzanne confirme que le succès d’une intégration dépend en premier lieu de la similarité des cultures d’entreprise, à ses yeux facteur plus important que les différences interculturelles.

Enfin, Bénédicte de Peretti a remercié les organiseurs de la soirée, en premier lieu Alain Polgar, Sylvie Poirier et Marc de Savigny, puis a fait une synthèse de la soirée. Les invités ont continué à échanger et ont eu l’occasion de parler avec les intervenants.

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